IMMERSION : PARIS BASKETBALL, L'EUROLEAGUE à BERCY

IMMERSION : PARIS BASKETBALL, L'EUROLEAGUE à BERCY

Accor Arena, 11 novembre 2025 | EuroLeague - Journée 10

Dix minutes. C’est le temps qu’il faut pour franchir les portiques de l’Accor Arena ce soir du 11 novembre. Ni plus, ni moins. L’organisation progresse à chaque soirée européenne à Bercy. Avant, il y avait cette sensation d’affluence un peu chaotique, les embouteillages de supporters, notamment à l’extérieur de la salle lors des contrôles de sécurité et du scan des billets. Ce soir, non. C’est rapide.

Une fois rentré dans le hall de Bercy, passage direct à la boutique du club, installée pour l’occasion. Les maillots Paris Basketball sont disponibles, tout comme les t-shirts, hoodies, gourdes aux couleurs du club. Tout respire l’identité du club.
Puis la machine à imprimer : vous choisissez votre numéro, votre nom. La gravure officielle, sur mesure. À côté, les maillots EuroLeague brillent avec le patch de la compétition – ce logo qui rappelle qu’on n’est plus en Pro B, qu’on joue face aux géants grecs, turcs, espagnols.

À l’Adidas Arena, la boutique est permanente, mise en avant dès l’arrivée et sympathique à visiter. À Bercy, l’impression est un peu plus « impersonnelle » ou éphémère, mais ça fonctionne et l’on retrouve aussi, dans les coursives, des pop-up stores.

LES COURSIVES : LE SPECTACLE AVANT LE SPECTACLE

Puis, pour rejoindre nos places, on emprunte le grand escalier mécanique du hall principal qui nous amène aux coursives. Un vrai hall commercial rempli d’animations ! Des stands PlayStation pour se divertir, un karaoké dans une cabine de douche… Les marques partenaires créent l’attraction. De quoi divertir les spectateurs avant le coup d’envoi.

Comparé à l’Adidas Arena, à Bercy il y a plus de variété. On sent la renommée de la salle. Les stands partenaires ne sont pas des ornements : ce sont des expériences. Ça pulse déjà.

LES PLACES : LA VUE QUI MARQUE

On monte. Tout en haut. Corbeille latérale. Juste au-dessus du kop du Panathinaikos. Et là, l’impression visuelle frappe : ils semblent trois fois plus nombreux. Voilà ce qu’on voit. Les supporters grecs, à l’extérieur pourtant, occupent l’espace avec une densité hallucinante. Ils sont 500, peut-être 1 000. Une tribune verte, bien garnie. En face, le kop Parisii paraît, a priori, presque discret, mais il assurera le spectacle et l’ambiance tout au long du match.

Une fois installé, on prend le temps de contempler la salle. La profondeur et la hauteur du lieu donnent un goût de NBA à Paris. Et non, il s’agit bien de l’EuroLeague, et 11 000 personnes ont fait le déplacement ! Il y a certes une partie du deuxième anneau de fermée, des sièges vides un peu partout, mais c’est impressionnant tout de même. Comparé à l’Adidas Arena, on est plus loin du parquet, mais on ne peut s’empêcher de penser au chemin parcouru par le basket français et par le Paris Basketball en quelques années.

L’IMPRESSION GÉNÉRALE : QUEL BOND EN QUELQUES ANNÉES

Une fois installé, on prend le temps de contempler la salle. L’impression visuelle de la salle en configuration basket est impressionnante. Un match d’EuroLeague à l’Accor Arena, diffusé sur L’Équipe en clair. Juste du basketball européen, à la portée de tous. Si l’on prend du recul, c’est un bond énorme. Il y a cinq ans, Paris Basketball n’existait même pas. L’Adidas Arena était un projet. L’EuroLeague à Bercy ? Impensable.

Ce soir, c’est la réalité.

Mais on sent qu’il manque des personnes.Peut-être 13 000, peut-être 14 000 auraient pu être là. L’affluence est solide, respectable même, mais Bercy a ses vides. Avant le début de match surtout, ça sonne un peu creux.

Puis ça change.

LA PRÉSENTATION : MONTÉE D’ÉNERGIE

Dès la présentation des équipes, l’ambiance monte d’un cran. Les lumières du nouveau jumbotron – hérité des Jeux Olympiques – plongent la salle dans une atmosphère NBA. Impressionnant. Ça pose une vibe. Le public devient chaud.

Le show du Paris Basketball version 2025-2026 est bien ficelé : salle plongée dans le noir, danseurs et drapeaux sur le parquet, vidéo d’introduction très bien réalisée diffusée sur l’écran, puis le speaker annonce un par un les joueurs du Paris Basketball.

LE MOMENT SPÉCIAL : TJ SHORTS ET SA BAGUE

TJ Shorts, présenté du côté du Panathinaikos, a eu droit à des applaudissements nourris du public parisien. Authentiques. Il revient à Paris, la légende du club.

Juste avant le coup d’envoi, c’est le moment de lui rendre hommage : une vidéo est diffusée et le public entonne en chœur : « MVP ! MVP ! MVP ! ». On sent l’émotion et la joie de lui rendre un dernier hommage. Sa bague de champion lui est remise par le président David Kahn. Une belle marque de respect pour celui qui a marqué l’histoire du Paris Basketball.

BERCY CONTRE L’ADIDAS ARENA : LA QUESTION DE LA CHALEUR DE L'AMBIANCE

Même s’il y a plus de monde (11 000 ce soir, contre les 6 000–7 000 habituels à l’Adidas Arena), l’ambiance est différente entre l’Accor Arena et l’Adidas Arena. Bercy peut sonner creux et écraser un peu le public, mais ce soir ce n’est pas le cas. On a droit à une très belle ambiance portée par les Parisii face à la tribune du Panathinaikos !

Comparé aux précédents matchs dans cette salle, on sent que le public devient plus connaisseur, plus habitué du club. Les cris ne sont plus des bruits de curiosité. C’est du soutien organisé, au rythme du kop des supporters.

Le match a bien aidé. Surtout en deuxième partie de 3e quart-temps et au début du 4e. Là, la salle s’unifie. « DÉFENSE ! DÉFENSE ! » à l’unisson. Pas dispersé. Pas folklorique. Vraiment collectif. C’est un super moment.

Mention spéciale au kop Parisii qui livre une très belle ambiance. Face à la tribune grecque, ultra-vocale, ils ne se laissent pas écraser. Ils répondent. Ils poussent.

La comparaison avec Bercy en mode calme : la salle paraît vide. C’est la grandeur du lieu qui joue contre elle. Les sièges vides amplifient le silence. À l’Adidas Arena, ça résonne vite. Ici, ça se dilue dans l’immensité.

Mais lorsque Bercy pousse, quels frissons. Quel kiff.

LE MATCH : L’EUROLEAGUE EN 40 MINUTES DE LUCIDITÉ GRECQUE

PREMIER QUART-TEMPS : HIFI INTENABLE, PUIS L’USURE

Nadir Hifi entre en mode supersonique. 10 points en moins de 10 minutes. Agressivité. Drive incessant. Tirs de près, de loin. Robinson le double en créateur – 17 points à eux deux. Paris mène 20-15 à la 8e minute. Le style du Paris Basketball fonctionne : petit, vite, agressif.

Mais l’usure grecque arrive vite. Kenneth Faried – le Manimal – écrase la peinture. 7 points, 3 rebonds, 2 contres. Jerian Grant ramène le Pana. 28-27 à la sirène du 1er quart. Équilibre fragile. Aucune domination claire.

DEUXIÈME QUART-TEMPS : LE PANA CRÉÉ L'ÉCART

Le Pana passe devant (30-29). Kenneth Faried enfonce les clous. 7 rebonds offensifs à la pause pour le géant. Les Grecs commencent à tirer de loin : 8/13 à trois points à la mi-temps. Kendrick Nunn (qui finira avec 20 points) est en maîtrise. Sloukas lit le jeu comme un livre ouvert. Il est impérial dans les lectures offensives pour punir les décalages de la défense parisienne, causés par une suragressivité.

Paris se fait punir par la taille, par la rigueur offensive, par l’expérience. À la pause : 52-43 pour Athènes.

TROISIÈME QUART-TEMPS : LE RUN DE PARIS

Retour des vestiaires. Paris sort son basketball le plus beau. Intensité. Combat. Tirs à répétition. Ayayi sort le grand jeu aux côtés de Nadir Hifi. Rebonds, défenses étouffantes.

Paris reprend l’avantage (70-65 à la 28e minute). Puis 72-72 à la fin du quart. Modèle parisien : combat sans calcul, résultat à la clé.
Bercy pousse à chaque possession. C’est un grand spectacle.

QUATRIÈME QUART-TEMPS : L’EXPÉRIENCE GRECQUE

84-79 pour Paris à la 32e minute. Bercy souffle. Puis Sloukas pose ses mains sur le match. TJ Shorts (13 points au total) met le nez à la fenêtre. Flotteur au milieu de la défense. Tir à mi-distance. Classique feinte de tir post-drive suivie du lancer provoqué sur Hifi. Pull-up en sortie de pick-and-roll. Shorts marque 7 points dans le 4e quart-temps.

Au talent et à l’expérience, le Pana reprend la main. 89-86. Puis 95-89. Les frissons disparaissent. Bercy se tait.

101-95 au final. Cruel scénario.

ILS ONT MARQUÉ LA SOIRÉE

JOEL AYAYI : LA RÉSURRECTION

Début de saison trop discret. Gêné. Timide. Ce soir, il revient.
9 points (3/3 au tir), 3 interceptions en 10 minutes seulement. L’action du match : une remontée de terrain décisive, finition tout en toucher. Il alterne les prises d’intervalle agressives et trouve même la mire de loin. Classe. Technique. Longueur physique impressionnante. À confirmer !

SEBASTIAN HERRERA : MAIS QUI ÊTES-VOUS ?

Mais qui êtes-vous, Sebastian Herrera ? Le sniper du Paris Basketball a tellement progressé. Aucune hésitation dans ses tirs de loin. Pas de distance qui le paralyse. Il filoche. 9 points (3/8 de loin).
Il y a un an, Herrera était une énigme à ce niveau. Ce soir, c’est l’un des chouchous du public parisien.

NADIR HIFI : LE LEADER

Quel premier quart-temps pour le meilleur scoreur de l’EuroLeague ! Agressivité. Drive incessant. Tirs de près, de loin, à mi-distance. Progression dans tous les secteurs. 19 points au final (4/9 au tir, 5/5 aux lancers francs, 4 rebonds, 2 passes).
Moins en réussite en fin de match, il a tendance à forcer un peu ses actions, mais quel talent ! Avec 21,8 points de moyenne en EuroLeague (meilleur scoreur de la compétition), il reste incontournable.

JUSTIN ROBINSON : LE LIEUTENANT INCONTESTABLE

22 points (8/8 aux lancers francs). Robinson s’impose comme le numéro 2 de Paris. Créateur principal avec Hifi. Ils alternent à la mène. De loin ou de près, une vraie gâchette et un vrai showman ! 21 de PIR (Player Index Rating), le meilleur du match.

MOUHAMED FAYE : LE SOUTIER

22 minutes contre Kenneth Faried : un vrai combat physique. 6 points, 6 rebonds. L’indispensable de la raquette parisienne par son abattage au rebond et en défense.
Faye livre un vrai combat contre le Manimal. Il progresse à chaque sortie, mais doit enlever ce bémol majeur : les lancers francs. 2/7 ce soir. C’est dommage.

DU CÔTÉ DU PANA : UN COLLECTIF AFFÛTÉ

Kendrick Nunn : 20 points (4/5 de loin). Pas spectaculaire, mais MVP de l'EuroLeague.
Kenneth Faried : 17 points, 10 rebonds. Le Manimal a dominé physiquement et dans la combativité.
Konstantinos Mitoglou : 17 points, 5 rebonds.
Kostas Sloukas : 11 points, 7 passes. Chef d’orchestre jusqu’au bout. Lectures impeccables.
TJ Shorts : 13 points, 6 passes. Le champion revient. 7 points dans le 4e quart-temps.

EN BREF : LA CRUELLE RÉALITÉ DE L’EUROLEAGUE

Paris Basketball s’incline 95-101 face au Panathinaikos. Quatrième revers de suite en EuroLeague. Bercy était en feu, 11 000 âmes qui poussaient, mais ce n’était pas assez contre la maîtrise grecque et l’expérience d’Ergin Ataman.

Malgré un effectif largement remanié durant l'été, Paris était là et continue de prouver leur valeur cette année. Ils ont joué un basketball séduisant pendant 30 minutes. Mais le Pana a fermé les robinets dans le quatrième quart-temps. Sloukas et Shorts ont géré. Faried a écrasé. C’est ça, l’EuroLeague. C’est ça, le haut niveau.

Une belle ambiance. Une belle soirée. Une leçon d’Europe, aussi.
Rendez-vous le 23 décembre 2025 pour (re)découvrir Bercy en mode EuroLeague.